Sauvegarde des données : RGPD et cybersécurité
Sauvegarde des données : RGPD et cybersécurité vont de pair, parce que la sauvegarde des données doit être une priorité pour toute organisation qui manipule des informations personnelles, afin de respecter le RGPD et d’assurer sa cybersécurité.
Pourquoi la sauvegarde des données est essentielle pour la conformité RGPD ?
Le RGPD exige la disponibilité et l’intégrité des données. Mais, sans sauvegarde fiable, la continuité de service est compromise. Une perte de données peut interrompre l’activité et exposer des données personnelles. La sauvegarde des données réduit ce risque de perte définitive, aide à respecter les obligations du RGPD et limite l’impact d’une violation.
Sauvegarde des données : anticiper pour mieux rebondir
Une sauvegarde des données, c’est avant tout anticiper pour mieux rebondir. En effet, pour toute organisation et tout particulier, la sauvegarde des données est la première ligne de défense contre les incidents, cyberattaques et erreurs humaines. Une stratégie de sauvegarde bien pensée réduit les risques, protège la confidentialité, facilite la reprise d’activité et permet de rebondir sans perdre le fil.
Cadre légal et RGPD : obligations clés
La réglementation en matière de protection des données personnelles implique, pour les organisations, un certain nombre d’obligations liées à la mise en œuvre de sauvegardes.
- Responsabilité : le responsable de traitement doit garantir la sécurité et la disponibilité des données.
- Preuve : nécessité de conserver une documentation sur la politique de sauvegarde et les tests effectués.
- Durée de conservation : définir des durées compatibles avec les finalités et supprimer les sauvegardes obsolètes.
- Transferts et sous-traitance : vérifier la localisation des sauvegardes cloud et les garanties contractuelles.
10 bonnes pratiques détaillées pour la sauvegarde des données
Sauvegardez régulièrement vos fichiers, chiffrez-les et documentez vos procédures pour rester conforme au RGPD et réduire les risques liés aux cyberattaques et incidents de sécurité.
Dans le détail, voici 10 bonnes pratiques préconisées par cybermalveillance.gouv.fr :
1. Sauvegardes régulières et adaptées
Planifiez vos sauvegardes selon l’importance et la criticité des données : elle doit être quotidienne pour les données actives, voire bi-quotidienne pour des données critiques ou importantes, hebdomadaire ou mensuelle pour les archives. Automatisez quand c’est possible.
2. Inventaire des sources de données
Listez ordinateurs, serveurs, tablettes, smartphones, NAS, clés USB et services cloud. Mettez à jour l’inventaire régulièrement, chaque trimestre par exemple, et systématiquement à chaque nouveau matériel.
3. Priorisation des données à sauvegarder
La sauvegarde de tous les fichiers tous les jours n’est pas toujours possible ou nécessaire. => Identifiez les fichiers irremplaçables et les données personnelles soumises au RGPD. Classez-les par criticité.
4. Choix de la solution : locale, cloud ou hybride
Évaluez sécurité, coût, taille, disponibilité et conformité RGPD. Adoptez une solution adaptée à vos besoins. Si possible, préférez une solution hybride : locale pour la rapidité, cloud pour la redondance.
5. Automatisation et planification
Activez une planification des sauvegardes. Documentez les responsables et les fenêtres de sauvegarde prévues et passées pour vous y retrouver facilement en cas de besoin.
6. Isolation des sauvegardes
Déconnectez les supports externes après sauvegarde pour éviter qu’elle soit compromise en cas de cyberattaque. Avoir des snapshots immuables ou des backups hors ligne pour contrer les ransomwares.
7. Chiffrement et contrôle d’accès
Chiffrez les sauvegardes au repos et en transit. Appliquez le principe du moindre privilège et l’authentification forte afin d’éviter toute utilisation frauduleuse lors d’une cyberattaque, d’un vol ou d’une perte de sauvegarde.
Conservez une sauvegarde dans un autre local que le serveur pour vous prémunir en cas de sinistre (incendie, inondation, vol, etc.).
8. Tests de restauration réguliers
Testez la restauration au moins une fois par trimestre. Simulez des scénarios : fichier perdu, serveur corrompu, sinistre total.
9. Vérification et renouvellement des supports
Surveillez l’état des disques et remplacez les médias selon leur durée de vie. Exemple : DVD gravé ≈ 10–15 ans.
10. Sauvegarde des logiciels et configurations
Sauvegardez images système, licences et configurations pour restaurer l’environnement système complet rapidement en cas de besoin.
Types de sauvegarde : comparatif rapide
| Type | Principe | Espace | Fréquence recommandée |
|---|---|---|---|
| Complète | Copie de l’ensemble des données | Élevé | Hebdomadaire |
| Incrémentale | Copie uniquement des fichiers créés ou modifiés depuis la dernière sauvegarde | Faible | Quotidienne |
| Différentielle | Copie uniquement des fichiers créés ou modifiés depuis la dernière sauvegarde complète | Moyen | Quotidienne |
Guide pratique de mise en œuvre pas à pas
Voici un guide pratique pour mettre en place, ou revoir, un système cohérent et adapté de sauvegarde en 5 étapes.
1) Diagnostic
- Inventoriez les données et évaluez leur criticité.
- Cartographiez les flux de données personnelles.
2) Politique de sauvegarde
- Rédigez une politique simple : périmètre, fréquence, responsables, durée de conservation.
- Intégrez les exigences RGPD (minimisation, durée, droits des personnes).
3) Choix technique
Proposition de choix technique, à adapter en fonction du contexte :
- Pour PME : NAS + sauvegarde cloud chiffrée.
- Pour indépendants : disque externe + service cloud grand public conforme.
- Pour collectivités : solution professionnelle avec SLA et audits.
4) Sécurité opérationnelle
- Chiffrement AES-256 recommandé.
- Gestion des clés : stockez séparément et limitez l’accès.
- Journalisation des sauvegardes et alertes en cas d’échec.
5) Tests et exercices
- Planifiez des tests de restauration complets et partiels.
- Documentez les résultats et corrigez les failles.
L’utilisation de services en ligne
L’utilisation de services en ligne, souvent appelés « Cloud », offrent des fonctionnalités de sauvegarde de données intéressantes.
- Risque opérationnel réduit : une sauvegarde « cloud » permet généralement une restauration rapide après incident.
- Conformité : l’utilisation de services appropriés et de prestataires approuvés permet de prouver que vous avez mis en œuvre des mesures techniques et organisationnelles de respect du RGPD
- Protection contre les violations : les copies étant isolées du reste du SI, cela limite l’impact des cyberattaques (ransomwares par exemple) et autres types de violations de données (destruction à la suite d’un incendie ou d’une inondation, erreur humaine, etc.).
Sauvegarde et cloud : critères de sélection (checklist)
- Conformité RGPD : clauses contractuelles, sous-traitance.
- Localisation des données : pays et juridiction.
- Chiffrement : au repos et en transit.
- Immutabilité : protection contre suppression/modification.
- SLA et RTO/RPO : temps de restauration et perte de données acceptable.
- Journalisation et traçabilité : logs d’accès et d’opérations.
Quelques conseils spécifiques
Restauration : bonnes pratiques opérationnelles
- Priorisez les services critiques.
- Testez la restauration d’un échantillon représentatif.
- Mesurez le RTO (Recovery Time Objective) et le RPO (Recovery Point Objective).
- Documentez la procédure de restauration pas à pas.
Conservation, suppression et RGPD
- Définissez des durées de conservation pour chaque catégorie de données.
- Automatisez la purge des sauvegardes expirées.
- Conservez des preuves de suppression pour les audits.
Intégration dans le plan de continuité d’activité (PCA)
- Intégrez les sauvegardes dans le PCA et le PRA (plan de reprise d’activité).
- Simulez un sinistre majeur et mesurez le temps de remise en service.
- Mettez à jour le PCA après chaque test.
Modèle de politique de sauvegarde (extrait synthétique)
- Objet : garantir la disponibilité et l’intégrité des données.
- Périmètre : serveurs, postes, mobiles, cloud.
- Fréquences : quotidienne/hebdomadaire/mensuelle selon criticité.
- Chiffrement : obligatoire pour les données personnelles.
- Tests : restauration trimestrielle.
- Responsables : DSI / référent sécurité.
Ressources et références utiles
- Cybermalveillance.gouv.fr : divers guides et événements sur la sauvegarde.
- Fiche pratique « Les sauvegardes » (10 bonnes pratiques) de Cybermalveillance.gouv.fr
- Conseil DMOuvrard n°3 du cybermois 2025 : Sauvegarder, c’est anticiper
Conclusion
La sauvegarde des données est une question de RGPD et de cybersécurité : elle combine bonnes pratiques techniques et obligations juridiques. Mettez en place une stratégie simple : inventoriez, planifiez, chiffrez, testez et documentez. Agissez maintenant pour réduire les risques et garantir la continuité de vos activités.
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